Le 7 décembre 2025, un groupuscule de soldats a brièvement annoncé la prise du pouvoir à la télévision d’État. Le gouvernement affirme avoir repris le contrôle et procédé à des arrestations ; la CEDEAO et l’Union africaine condamnent l’acte.
Ce qu’il s’est passé
Le 7 décembre 2025, tôt le matin, un groupe d’hommes en uniforme est apparu à l’antenne de la télévision nationale pour déclarer la destitution du président Patrice Talon, la suspension de la Constitution et la fermeture des frontières. Les mutins, se présentant comme le « Comité militaire pour la refondation » et proclamant lieutenant-colonel Pascal Tigri comme chef, ont brièvement contrôlé le signal de la chaîne publique.
Le gouvernement a déclaré que les forces loyales avaient rapidement repris le contrôle des principaux sites et que l’ordre était en train d’être rétabli. Des tirs ont été signalés dans plusieurs quartiers de Cotonou, notamment à proximité de la résidence présidentielle, selon des témoignages et des messages d’ambassades.
Le bilan des interpellations varie selon les agences : plusieurs médias ont évoqué « une douzaine » d’arrestations, tandis que d’autres ont fait état de 13 ou 14 personnes interpellées dans la foulée de l’incident. Les autorités n’avaient pas, au moment des premiers comptes rendus, publié une liste exhaustive des inculpés.
Réactions nationales et internationales
Le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a qualifié l’événement de mutinerie menée par un petit groupe visant à « déstabiliser l’État et ses institutions » et a salué la fidélité des forces armées républicaines. Le gouvernement a invité la population au calme.
Organisations régionales et continentales
- La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a condamné fermement l’action et a dit être prête à soutenir le gouvernement béninois, y compris par le déploiement éventuel de sa force régionale de réaction si nécessaire.
- L’Union africaine a publié une condamnation sans équivoque, rappelant son principe de tolérance zéro envers tout changement anticonstitutionnel de gouvernement et appelant les acteurs à regagner leurs casernes.
Acteurs identifiés et points encore incertains
Le groupe de putschistes a désigné le lieutenant-colonel Pascal Tigri (parfois nommé Tigri Pascal dans certains comptes rendus) comme leader du Comité de la refondation. Les médias internationaux rapportent que la prise de parole s’est limitée au studio de la télévision publique et que la majorité de l’armée est restée fidèle aux autorités.
Plusieurs éléments restent à préciser : l’état exact des chefs d’accusation, le nombre définitif des détenus, la localisation précise de certains officiers impliqués et la trajectoire judiciaire qui sera engagée contre les auteurs présumés. Les dépêches des agences insistent sur la prudence, les informations évoluant rapidement sur le terrain.
Contexte et enjeux
Cette tentative intervient à la veille de l’élection présidentielle prévue en avril 2026, moment où Patrice Talon doit quitter le pouvoir après deux mandats. Certains analystes et acteurs locaux situent l’incident dans un climat de fortes tensions politiques et de critiques contre des réformes législatives accusées de restreindre l’opposition. Le phénomène s’inscrit aussi, pour les observateurs internationaux, dans une série d’instabilités militaires récentes en Afrique de l’Ouest.
Perspectives immédiates
À court terme, les priorités annoncées sont : sécuriser l’ensemble des infrastructures publiques, clarifier la responsabilité pénale des mutins et garantir la tenue pacifique du calendrier électoral. Les organisations régionales ont promis un accompagnement pour le retour à la normale constitutionnelle. Les autorités béninoises ont indiqué qu’elles poursuivraient les investigations et que des informations supplémentaires seraient communiquées au fur et à mesure.




