Le droit international occupe aujourd’hui une place centrale dans les grands contentieux économiques et géopolitiques. Entre arbitrages commerciaux à plusieurs milliards d’euros, différends entre États et investisseurs, litiges liés à l’énergie, aux infrastructures ou aux ressources naturelles, les enjeux dépassent largement les frontières nationales et mobilisent des cabinets et des avocats d’élite. La France, et plus particulièrement Paris, s’est imposée comme l’un des pôles mondiaux de l’arbitrage international, attirant des praticiens parmi les plus réputés au monde.
Mais derrière la notoriété des cabinets se cachent surtout des personnalités juridiques d’exception, dont les parcours académiques, l’expérience internationale et le track-record façonnent directement l’issue des affaires les plus sensibles. Tous les avocats en droit international ne se valent pas : certains dominent les arbitrages investisseur-État, d’autres excellent dans les litiges industriels complexes, tandis que quelques figures rares conjuguent influence doctrinale, expertise stratégique et reconnaissance mondiale. Voici le panorama des meilleurs avocats en droit en international en France.
Yas Banifatemi
Associée fondatrice de Gaillard Banifatemi Shelbaya Disputes

Yas Banifatemi incarne l’alliance rare entre excellence académique et pratique de très haut niveau. Docteure en droit international de l’Université Paris II Panthéon-Assas et titulaire d’un LL.M. de Harvard Law School, elle est également professeure affiliée à Harvard, où elle enseigne l’arbitrage et le droit international public. Après avoir longtemps codirigé l’un des cabinets d’arbitrage les plus réputés au monde, elle fonde en 2021 Gaillard Banifatemi Shelbaya Disputes, structure exclusivement dédiée aux litiges complexes internationaux. Sa pratique couvre aussi bien l’arbitrage commercial international que les différends investisseur-État, avec une forte expertise en droit international public, notamment sur les questions de souveraineté, d’immunités et de traités d’investissement. Elle est régulièrement sollicitée sur les dossiers les plus stratégiques impliquant États, multinationales et infrastructures majeures.
Fernando Mantilla-Serrano
Associé chez Latham & Watkins

Fernando Mantilla-Serrano se distingue par un profil profondément transnational, à la croisée des cultures juridiques civilistes et de common law. Formé entre Paris II Panthéon-Assas et l’Université de New York, il est admis à plusieurs barreaux, notamment Paris et New York. Au sein de Latham & Watkins, il pilote des arbitrages d’envergure sous les règles de la CCI, de la LCIA, du SCC ou de l’ICSID, couvrant aussi bien le contentieux commercial que les différends d’investissement. Son expertise sectorielle est particulièrement marquée en énergie, infrastructures, finance internationale et projets transfrontaliers complexes. Il intervient également comme arbitre, ce qui nourrit une approche stratégique très fine des procédures arbitrales.
Georgios Petrochilos KC
Associé fondateur de Three Crowns

Georgios Petrochilos est l’un des rares praticiens à combiner carrière d’avocat international, statut de King’s Counsel et parcours académique de très haut niveau. Docteur de l’Université d’Oxford, formé également à Strasbourg et Athènes, il est qualifié dans plusieurs juridictions européennes. Cofondateur de Three Crowns, cabinet réputé pour ses arbitrages de très haute technicité, il intervient aussi bien dans les litiges commerciaux que dans les différends investisseur-État, et même devant certaines juridictions internationales inter-étatiques. Sa pratique se caractérise par une maîtrise doctrinale exceptionnelle, nourrie par des activités d’enseignement et de recherche en droit international et en arbitrage.
Hamid G. Gharavi
Associé fondateur de Derains & Gharavi

Hamid Gharavi présente un parcours mêlant grands cabinets américains, pratique parisienne et forte dimension internationale. Docteur en droit de Paris II et diplômé de NYU School of Law, il a exercé notamment chez Skadden à New York avant de fonder Derains & Gharavi. Son activité couvre l’arbitrage commercial, l’arbitrage d’investissement et certains contentieux très spécialisés, avec une forte présence sur des dossiers impliquant États, grands groupes industriels et secteurs stratégiques. Polyglotte, il travaille régulièrement sur des affaires impliquant le Moyen-Orient, l’Europe et l’Afrique, apportant une lecture géopolitique précieuse aux litiges internationaux complexes.
Todd Wetmore
Associé fondateur de Three Crowns

Todd Wetmore apporte à l’arbitrage international une approche très opérationnelle, issue d’une formation en finance et en droit à l’Université McGill. Qualifié au Canada, en Angleterre et en France, il a bâti une carrière centrée sur les litiges commerciaux complexes à forte valeur financière. Chez Three Crowns, il gère des arbitrages majeurs dans des secteurs tels que énergie, aviation, automobile, nouvelles technologies, industrie lourde et ressources naturelles. Sa réputation repose sur sa capacité à piloter des procédures longues et techniquement complexes, souvent multi-juridictionnelles.
Charles Nairac
Global co-head arbitrage chez White & Case

Charles Nairac est l’une des figures centrales de l’arbitrage international en Europe. À la tête de la pratique mondiale d’arbitrage de White & Case, il a développé une expertise très poussée dans les litiges liés à la construction, aux grands projets d’infrastructure, à l’énergie et aux financements internationaux. Son parcours inclut une expérience en entreprise dans le secteur bancaire en Asie, ce qui lui confère une compréhension très concrète des enjeux financiers des projets internationaux. Il intervient aussi comme enseignant et expert sur les contrats internationaux complexes, notamment dans l’univers FIDIC.
Eduardo Silva-Romero
Associé fondateur de Wordstone Dispute Resolution

Eduardo Silva-Romero est l’un des arbitragistes les plus prolifiques de sa génération, ayant participé à plus de cent quatre-vingts procédures comme conseil ou arbitre. Docteur en droit de l’Université Paris II, il combine une solide formation civiliste et une pratique internationale couvrant presque toutes les grandes institutions d’arbitrage mondiales. Son champ d’intervention s’étend de l’arbitrage commercial classique aux différends d’investissement, avec une forte exposition aux litiges impliquant des États et des entreprises publiques. Il est également très présent dans l’enseignement et les instances professionnelles de l’arbitrage international.
Michael Polkinghorne
Responsable arbitrage Paris chez White & Case

Michael Polkinghorne est reconnu pour sa double culture juridique common law et civil law, étant qualifié en France, en Angleterre et en Australie. Il concentre une large part de son activité sur les litiges liés à l’énergie, au pétrole et au gaz, aux infrastructures et aux grands projets industriels, souvent dans des contextes géopolitiques sensibles. Son approche stratégique des procédures arbitrales et sa capacité à gérer des dossiers techniquement lourds expliquent sa place constante parmi les références mondiales du secteur.
Carole Malinvaud
Associée chez Gide Loyrette Nouel

Carole Malinvaud est une figure historique de l’arbitrage international français. Diplômée de Paris II et de Harvard Law School, admise aux barreaux de Paris et de New York, elle pratique à la fois comme conseil et comme arbitre. Chez Gide, elle pilote de nombreux dossiers impliquant construction, défense, énergie et contrats internationaux complexes, sous les règles de la CCI et de l’ICSID notamment. Son ancienneté, sa rigueur procédurale et sa capacité à intervenir dans des arbitrages très sensibles en font une référence incontournable.
Isabelle Michou
Associée chez Quinn Emanuel Urquhart & Sullivan

Isabelle Michou se distingue par une pratique très active sur les arbitrages impliquant l’Afrique, les secteurs extractifs, l’énergie et les infrastructures. Franco-canadienne, qualifiée à Paris et en Angleterre, elle allie une approche anglo-saxonne du contentieux à une parfaite maîtrise des cadres civilistes. En plus de sa pratique chez Quinn Emanuel, elle enseigne l’advocacy en arbitrage international à Sciences Po, contribuant à la formation de la nouvelle génération d’arbitragistes. Elle intervient régulièrement dans des litiges investisseur-État et des arbitrages commerciaux à très forte dimension politique et économique.
Comment choisir le bon avocat en droit international ?
Finalement, il n’existe pas un “meilleur avocat” universel en droit international, mais le meilleur pour un type de litige précis. Le choix doit avant tout reposer sur la spécialisation réelle (arbitrage d’investissement, contentieux commercial complexe, énergie, infrastructures ou différends étatiques) ainsi que sur l’expérience concrète dans des affaires comparables. La réputation internationale, la capacité stratégique, la maîtrise des cultures juridiques et la disponibilité de l’associé sont souvent plus déterminantes que la taille du cabinet. En droit international, ce sont moins les labels que le track-record et l’adéquation au dossier qui font la différence entre une bonne défense et une victoire décisive.
Comment devenir un avocat aussi renommé que ces experts du droit international ?
Les parcours de ces grands arbitragistes montrent qu’une carrière d’exception repose d’abord sur une formation académique d’élite, souvent complétée à l’international, qui permet de maîtriser en profondeur le droit international et les mécanismes de l’arbitrage. À cela s’ajoute une exposition rapide aux dossiers transfrontaliers majeurs, généralement au sein de cabinets de premier plan, où se forgent la rigueur stratégique et l’expérience des contentieux complexes.
La réussite passe ensuite par une spécialisation forte dans des domaines à haute valeur comme l’arbitrage investisseur-État, l’énergie ou les grands projets d’infrastructure, ainsi que par un rayonnement professionnel à travers l’enseignement, les publications et les rôles institutionnels. Enfin, une véritable dimension internationale, langues, cultures juridiques multiples et réseaux mondiaux, est indispensable pour s’imposer durablement au plus haut niveau.

