La Convention sur la diversité biologique, souvent désignée par les sigles CDB ou CBD en anglais, est l’un des principaux traités internationaux consacrés à la protection de l’environnement et de la biodiversité mondiale. Adoptée lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, cette convention constitue aujourd’hui un pilier majeur du droit international de l’environnement.
Face à l’accélération de la disparition des espèces, à la destruction des écosystèmes et à la surexploitation des ressources naturelles, les États ont cherché à mettre en place un cadre juridique mondial destiné à protéger le vivant sous toutes ses formes.
La Convention sur la diversité biologique ne se limite pas à la protection de certaines espèces animales ou végétales. Elle propose une approche beaucoup plus globale en intégrant la conservation des écosystèmes, l’utilisation durable des ressources naturelles et le partage des bénéfices issus des ressources génétiques.
Qu’est ce que la biodiversité ?
Pour comprendre la Convention, il est essentiel de définir la notion de biodiversité.
La biodiversité désigne l’ensemble du vivant présent sur Terre ainsi que les interactions entre les différentes formes de vie.
Elle comprend plusieurs niveaux :
- la diversité des espèces animales et végétales ;
- la diversité génétique au sein des espèces ;
- la diversité des écosystèmes.
La biodiversité joue un rôle fondamental dans le fonctionnement des sociétés humaines. Elle contribue à l’alimentation, à la santé, à l’agriculture, au climat, à l’eau potable et à de nombreux équilibres écologiques essentiels.
La Convention sur la diversité biologique reconnaît d’ailleurs explicitement la valeur écologique, économique, scientifique, culturelle et sociale de cette diversité du vivant.
Les origines de la Convention sur la diversité biologique
La prise de conscience internationale concernant la protection de l’environnement s’est progressivement renforcée à partir des années 1970.
La déforestation, la pollution, l’extinction d’espèces et l’expansion industrielle mondiale ont mis en évidence les limites des modèles de développement traditionnels.
Dans ce contexte, les Nations Unies organisent en 1992 le célèbre Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, consacré au développement durable.
Ce sommet marque une étape historique dans le droit international de l’environnement.
Plusieurs grands accords y sont adoptés, notamment :
- la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ;
- la Convention sur la lutte contre la désertification ;
- la Convention sur la diversité biologique.
La Convention sur la diversité biologique entre officiellement en vigueur le 29 décembre 1993 et bénéficie aujourd’hui d’une participation quasi universelle.
Les trois grands objectifs de la Convention
La Convention repose sur trois objectifs principaux qui structurent l’ensemble de son fonctionnement.
La conservation de la biodiversité
Le premier objectif consiste à protéger les espèces vivantes et les écosystèmes.
Les États sont encouragés à développer des politiques nationales de conservation, à créer des aires protégées et à limiter les activités menaçant les habitats naturels.
Cette dimension concerne notamment :
- les forêts tropicales ;
- les océans ;
- les zones humides ;
- les récifs coralliens ;
- les espèces menacées.
La Convention reconnaît également l’importance des savoirs traditionnels des peuples autochtones dans la protection de la biodiversité.
L’utilisation durable des ressources biologiques
Le deuxième objectif vise à promouvoir une utilisation durable des ressources naturelles.
La Convention ne cherche pas à interdire toute exploitation de la nature. Elle encourage plutôt des modes d’utilisation compatibles avec la préservation des écosystèmes à long terme.
Cela concerne notamment :
- l’agriculture ;
- la pêche ;
- la sylviculture ;
- l’exploitation des ressources génétiques.
L’idée centrale est de permettre le développement économique sans provoquer l’effondrement du vivant.
Le partage des avantages liés aux ressources génétiques
Le troisième objectif est souvent moins connu du grand public, mais il occupe une place essentielle dans la Convention.
Il concerne le partage juste et équitable des avantages issus de l’utilisation des ressources génétiques.
Les ressources génétiques provenant de certaines plantes, micro organismes ou espèces animales peuvent avoir une grande valeur scientifique, pharmaceutique ou commerciale.
La Convention affirme que les États conservent leur souveraineté sur ces ressources naturelles.

