Le droit des détroits internationaux est une branche spécialisée du droit de la mer qui s’occupe de réguler le passage des navires à travers les détroits utilisés pour la navigation internationale. Ces détroits sont des passages d’eau étroits qui relient deux étendues d’eau plus vastes, et ils sont cruciaux pour le commerce mondial et la mobilité navale. Conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), adoptée en 1982, les règles régissant le transit par les détroits visent à équilibrer le libre passage des navires avec la souveraineté des États riverains qui bordent ces cours d’eau.
La CNUDM définit deux régimes de passage spécifiques à travers les détroits : le transit libre et le passage inoffensif. Le transit libre garantit le passage continu et expéditif des navires et aéronefs pour les besoins de la navigation entre une partie de haute mer ou une zone exclusive économique et une partie de haute mer ou une autre zone exclusive économique. Ce régime s’applique à la majorité des détroits internationaux et assure que le passage n’est pas entravé ou retardé. D’autre part, le passage inoffensif, qui est généralement appliqué aux eaux territoriales, permet aux navires de traverser les eaux d’un État côtier à condition de ne pas porter atteinte à sa paix, à son bon ordre ou à sa sécurité.
Quelques exemples de détroits soumis à ces régimes juridiques incluent le détroit de Gibraltar, le détroit de Hormuz et le détroit de Malacca, chacun étant essentiel à la circulation des navires commerciaux et militaires. Les défis contemporains dans le droit des détroits impliquent la sécurisation des voies maritimes contre la piraterie et la pollution maritime, ainsi que la gestion des droits de pêche et des ressources sous-marines. Les pratiques des États riverains, comme l’imposition de restrictions de navigation pour des raisons environnementales ou de sécurité, doivent se faire en conformité avec le droit international pour maintenir un équilibre entre les intérêts de ces États et ceux de la communauté internationale globale.
Principales conventions régissant les détroits internationaux
La liberté de navigation dans les détroits internationaux est principalement réglementée par deux importants traités: la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), signée à Montego Bay en 1982, et coming into force en 1994, et les accords qui l’ont précédée, en particulier la Convention de Genève sur la haute mer de 1958. La CNUDM, en son troisième chapitre, spécifie les droits de passage en transit et le passage inoffensif, définissant les conditions dans lesquelles les navires des États peuvent passer à travers les détroits internationaux sans entrave, tout en respectant la souveraineté des États riverains.
Le droit de passage en transit vs le passage inoffensif
Le passage en transit est un concept introduit par la CNUDM qui autorise la navigation ininterrompue et expéditive à travers le détroit, sans entrave à la navigation aérienne et maritime. Cette forme de passage s’applique aux détroits utilisés pour la navigation internationale entre une partie de haute mer ou une zone économique exclusive et une autre. En contrepartie, le passage inoffensif, bien que plus ancien, permet le transit des navires civils à condition de ne pas porter atteinte à la paix, au bon ordre ou à la sécurité de l’État côtier. Ces normes visent à équilibrer les droits des États riverains avec ceux des États utilisateurs.
Gestion des risques environnementaux et coopération entre États
Les détroits internationaux soulignent des enjeux environnementaux cruciaux en raison de leur trafic maritime dense et des risques qui en découlent, notamment les marées noires et autres pollutions. Les États riverains ont la responsabilité de mettre en place des réglementations pour prévenir, réduire et contrôler la pollution en conformité avec le droit international. Dans cet esprit, la coopération entre les États bordant les détroits et les utilisateurs est essentielle et soutenue par des cadres conventionnels, qui peuvent inclure la collaboration sur des systèmes de trafic maritime, des mécanismes d’intervention d’urgence et la mise en agenda de pratiques de navigation sûres et respectueuses de l’environnement.